Mes collègues: dignité, dignité...

J'avais commencé ce blog sur une question de dignité. Celle des plantes, en l'occurrence. Le billet que je vous recommande aujourd'hui dans la série 'mes collègues' me fait donc particulièrement plaisir. C'est un concept qu'on n'explore pas assez, la dignité. On est trop souvent occupé à le brandir. Et il est bien, Nicolas Tavaglione. Comme d'habitude, un extrait et le lien:

Antonio Hodgers, face à Darius Rochebin sur la RTS, invitait cet été les Genevois à ne pas donner de l’argent aux mendiants. La voix est douce, le regard évangélique et l’argument inattendu: l’aumône contrarie la dignité humaine – dont le mendiant, M. Hodgers est humaniste, est tout autant porteur que l’honnête travailleur. Je me sens concerné par l’invitation, puisque, genevois, j’appartiens au public-cible. Et puis voilà un homme gentil qui recommande un acte sévère. Alors je suis forcé de réfléchir.(...)


1 commentaire:

Robin a dit…

C’est un peu sévère de juger indigne le mendiant non ? désolé pour cette réminiscence de culture chrétienne mais il me semble que c’est sévère au moins pour deux sortes de raisons.

C’est sévère parce que l’on ne sais pas toujours ce qui l’a amené là : infortune ? ou sa propre détermination ou fermeté sur d’autres choses dans sa vie ? qu’en sais-t-on ? Même chez Nietzsche il y a plusieurs types de mendiant je crois bien… (d’ailleurs sur un livre http://www.ebooksgratuits.com/pdf/nietzsche_ainsi_parlait_zarathoustra.pdf En faisant control F mendiant on s’en rend vite compte non ? )

Blamer : « repérer chez autrui un vice auquel on est inapte » çà n’est pas de moi, mais de qui alors …

C’est sévère parce que l’être à ce point tout en restant rationnel c’est choisir de galvauder la dignité elle-même, peut-être au point de s’exclure de la catégorie des gens qui la méritent. L’autre jour à Nice (j’habite par là-bas) il y avait une mendiante dans la rue, un peu racoleuse, pas très agréable il faut l’admettre, je ne lui ait rien donné. argh j’ai du mal à être moi-même cohérent et je donne mais rarement, certainement pas pour des questions de dignité, plus parce que le geste me semble dérisoire, mais ma logique n’est pas bonne c’est certain. Bref je ne lui ait rien donné et derrière moi deux vieilles dames (c’est Nice je vous avez prévenu) sont arrivées et ont agressé la mendiante, comme çà de but en blanc, en lui disant que c’était pas çà la vie qu’il fallait travailler, qu’elle faisait fausse route, que elles… en fait c’était plutôt trôle ou navrant de voir ces deux vieilles sortir de leurs gonds, c’était assez troublant, j’ai bien eut le mot dignité en tête mais je ne savait pas trop où le mettre, je me suis demandé si elles avaient le même type d’exigences avec elles-mêmes, si c’était bien l’adéquation de leur travail avec la société des hommes qui les avait amené à avoir un grand appart dans le centre ville de Nice, un sac Chanel, et une si grande exigence envers cette inconnue… chacun son visse et je n’échappe pas à çà c’est sûre, je ne dit pas qu’il faut tout accepter et j’apprécie l’exigence que l’on peut avoir vis-à-vis de nos vies, j’apprécie quand j’y arrive et j’apprécie quand je vois les gens y arriver, mais je n’aime pas trop les concepts creux qui ne collent à rien d’autre que notre imagination. On peu ne pas s’accorder avec la vision de la société de cette mendiante mais si l’on juge indigne tous ceux avec qui l’on ne parviens pas à s’accorder sur ce point il ne reste plus beaucoup de place pour la dignité j’ai l’impression. Aussi, là c’est sévère une seconde fois.


J’aime bien ce passage du journal d’un curé de campagne de Bernanos, il a certainement en tête des mots comme « liberté » mais je trouve que çà s’adapte bien à dignité aussi non ?


« Que serais-je , par exemple, si je me résignais au rôle où souhaiteraient volontiers me tenir beaucoup de catholiques préoccupés surtout de conservation sociale, c'est à dire en somme, de leur propre conservation. Oh ! je n'accuse pas ces messieurs d'hypocrisie, je les crois sincères.Que de gens se prétendent attachés à l'ordre, qui ne défendent que des habitudes, parfois même un simple vocabulaire dont les termes sont si bien polis, rognés par l'usage, qu'ils justifient tout sans jamais rien remettre en question? C'est une des plus incompréhensibles disgrâces de l'homme, qu'il doive confier ce qu'il a de plus précieux à quelque chose d'aussi plastique, hélas, que le mot. Il faudrait beaucoup de courage pour vérifier chaque fois l'instrument, l'adapter à sa propre serrure. On aime mieux prendre le premier qui tombe sous la main, forcer un peu, et même si le pêne joue, on n'en demande pas plus. J'admire les révolutionnaires qui se donnent tant de mal à faire sauter des murailles à la dynamite, alors que le trousseau de clef des gens bien-pensants leur eût fourni de quoi rentrer tranquillement par la porte sans réveiller personne. »

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