Assistance au suicide: les paradoxes du 'modèle suisse'

C'était il y a quelques temps le moment de mon billet dans la Revue Médicale Suisse. Comme d'habitude, je vous mets un extrait et le lien. Dites-nous ce que vous en pensez...

Au printemps dernier, EXIT a fait les gros titres de la presse nationale en changeant ses critères pour accepter d’assister le suicide de personnes atteintes de «polypathologies du grand âge». Il n’y a bien sûr pas de statistiques si rapidement, mais à en croire les collègues qui reçoivent ces demandes il semble qu’il y ait eu depuis lors une augmentation du nombre de ces situations. Il semble aussi que cela mette ces collègues devant des problèmes difficiles.Je veux bien le croire. Face à une demande d’assistance au suicide, les cas dit «ordinaires» sont déjà délicats. Imaginez une personne atteinte d’une maladie terminale, d’un mal physique. Si cette personne vient à demander une assistance au suicide, nous serons sans doute d’accord qu’il faut commencer par discuter avec elle des alternatives qui pourraient lui rendre la vie plus supportable. La médecine, et plus spécifiquement les soins palliatifs, sont ici conviés comme tout naturellement. Avec une alternative décente, souvent (pas toujours mais souvent), on préfère en fait vivre.

2 commentaires:

daphne berner a dit…

Quel joli texte, Samia, et combien juste.

Bien des personnes âgées qui appellent Exit, le font, non en raison de leurs maladies, handicaps et douleurs, mais parce qu’elles veulent simplement mourir sans souffrir plus ni risque de se rater. Elles sont usées, fatiguées et ce qui reste de vie devant elles, elles n’en veulent pas.
L’assistance au suicide reste médicalisée puisqu’il faut une ordonnance.
Et ceux qui tentent de limiter l’assistance au suicide, ce sont les procureurs: ils arguent des directives de l’ASSM citées dans la LPTh pour inculper les médecins prescripteurs.
Récemment, une procureure de GE prétendait qu’un médecin ne pouvait prescrire du pentobarbital que si la mort devait survenir dans les 6 mois. D’ou sort-elle ce chiffre ?
Le malaise devant les désirs de mourir des personnes âgées ne devrait pas conduire la justice à se substituer eu législateur en limitant leur liberté.

Samia a dit…

Un commentaire qu'on m'envoie par email:
Bonjour,

Je trouve qu'il n'y a pas de paradoxe. Comme médecin conseil et accompagnatrice chez Exit Suisse Romande j'ose même rêver d'une IVV (Interruption Volontaire de Vieillesse) qui permettrait à chacun et chacune de partir quand il en a envie en particulier si il en a assez de vivre arrivé(e) à un âge avancé dans lequel il ne se sent plus utile et attend la mort de toutes façons pour bientôt et surtout avant qu'il n'ait plus son discernement essentiel pour obtenir une assistance au suicide. De toute façon il y a peu de personnes qui choisissent cette solution. Laissons leur cette liberté comme à ceux qui préfèrent continuer à survivre tant bien que mal.
Béatrice Deslarzes
Médecin

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