Risquer sa vie sur la mer


La catastrophe humaine se poursuit en Méditerranée, et au milieu de tout cela il y a des questions qui semblent être plus difficiles à poser que d'autres. Un bel exemple dans la vidéo qui ouvre ce message. Hans Rösling y pose une question qui semble tenir de la pure provocation: pourquoi diantre les réfugiés ne prennent-ils pas l'avion?

Je sais, la question peut choquer. Au milieu des images de naufrage en mer on a tendance à oublier le moment de l'embarquement pour se focaliser, et c'est légitime, sur les efforts de sauvetage qui restent largement insuffisants. Se demander 'pourquoi prennent-ils ces bateaux si dangereux?' plutôt que de prendre l'avion semble presque revenir à se demander pourquoi diantre les révolutionnaires français ne mangeaient pas de la brioche. Au milieu des évidences sur les raisons pour lesquelles des citoyens de Syrie ou d'Erythrée voudraient fuir leurs pays, le premier en proie à une guerre civile sanglante et le second à une dictature comparée à la Corée du Nord, on peut avoir tendance à se dire que, bien sûr, nous aussi on prendrait peut-être ce genre de risque pour s'échapper. Et pourtant...parfois des questions qui ont l'air bizarres méritent d'être posées. Quand on les aborde par la méthode scientifique la réponse finit parfois par être salutaire. Même quand, comme ici, elle est nettement plus dérangeante que la question. Allez écouter, et s'il vous plait venez nous dire ce que vous pensez dans les commentaires.

3 commentaires:

Gérard Escher a dit…

Merci Samia pour cette réflexion. C'est vraiment kafkaesque que de transférer la responsabilité d'interprétation de la Convention de Genève sur le droit des réfugiés à des employés des compagnies aériennes.

Maaike a dit…

Eh oui... j'ai souri à la question. Et lorsque j'ai regardé et écouté la présentation de M. Rösling, j'ai arrêté de sourire. La réponse à la question est effectivement dérangeante. Entre autres parce qu'elle nous confronte, elle me confronte, à notre/ma passivité...

Samia a dit…

C'est une dilution de la responsabilité. Chacun peut dire 'c'est les autres' et les morts continuent de s'aligner...dangereux, très dangereux mécanisme.

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