Un monde plus beau que nos rêves?

Comme nous parlions justement de théocratie, je me suis rappelé qu'on reproche souvent à la compréhension scientifique du monde de manquer de sens du merveilleux. De poésie. D'empathie. De morale (ça j'en ai déjà parlé). En bref d'humanité. Je n'ai probablement pas besoin de prendre de gants avec les personnes qui viennent lire ici mais, si je vous me passez l'expression, foutaises que ces critiques.

D'abord, vous avez vu cette photo? Et puis je me suis dit que tiens, aujourd'hui j'allais vous fais une traduction. D'un vrai scientifique.

"Nous allons mourir, et cela fait de nous ceux qui ont de la chance. La plupart des gens ne mourront jamais, parce qu'ils ne seront jamais nés. Les personnes potentielles qui auraient pu être ici à ma place -mais qui ne verront en fait jamais la lumière du jour- sont plus nombreuses que les grains de sable du Sahara. Certainement, parmi ces fantômes sans vie, des poètes plus grands que Keats, des scientifiques plus grands que Newton. Nous savons cela, car l'ensemble des personnes rendues possibles par notre ADN dépasse si massivement l'ensemble des personnes existantes. Au nez et à la barbe de stupéfiantes probabilités contraires, c'est vous et moi, si ordinaires, qui sommes ici. "


C'est du Richard Dawkins. Pur sucre. On ne le présente plus, mais pour ceux pour lesquels ce serait encore un inconnu les deux conférences qui sont ici ('Le monde est-il plus étrange que nous ne pouvons l'imaginer?') et ici ('L'athéisme militant') valent le détour. Aller, pour les inconditionnels il y en a encore une ici.

Un peu plus loin:

"(...) Après avoir dormi au travers de cent millions de siècles, nous avons finalement ouvert nos yeux sur une planète somptueuse, étincelante de couleurs, débordante de vie. A bout de quelques décennies seulement, nous devons les refermer. Qui, sachant cela, ne bondirait pas de son lit, impatient de continuer à découvrir le monde, et heureux d'en faire partie?"

Bon. Vous je sais pas, mais moi je sais tout cela et il m'arrive malgré tout -et régulièrement, attention- d'avoir du mal à me lever le matin. Navrée, Richard. Si c'était censé être une conclusion, elle ne tient empiriquement, disons, qu'incomplètement la route.

Mais on lui pardonne, n'est-ce pas (même ça on sait aussi le faire). Car son cœur est au bon endroit, non?

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