La catastrophe humaine se poursuit en Méditerranée, et au milieu de tout cela il y a des questions qui semblent être plus difficiles à poser que d'autres. Un bel exemple dans la vidéo qui ouvre ce message. Hans Rösling y pose une question qui semble tenir de la pure provocation: pourquoi diantre les réfugiés ne prennent-ils pas l'avion?
Je sais, la question peut choquer. Au milieu des images de naufrage en mer on a tendance à oublier le moment de l'embarquement pour se focaliser, et c'est légitime, sur les efforts de sauvetage qui restent largement insuffisants. Se demander 'pourquoi prennent-ils ces bateaux si dangereux?' plutôt que de prendre l'avion semble presque revenir à se demander pourquoi diantre les révolutionnaires français ne mangeaient pas de la brioche. Au milieu des évidences sur les raisons pour lesquelles des citoyens de
Syrie ou d'Erythrée voudraient fuir leurs pays, le premier en proie à
une guerre civile sanglante et le second à une dictature comparée à la Corée du Nord, on peut avoir tendance à se dire que, bien sûr, nous aussi on prendrait peut-être ce genre de risque pour s'échapper. Et pourtant...parfois des questions qui ont l'air bizarres méritent d'être posées. Quand on les aborde par la méthode scientifique la réponse finit parfois par être salutaire. Même quand, comme ici, elle est nettement plus dérangeante que la question. Allez écouter, et s'il vous plait venez nous dire ce que vous pensez dans les commentaires.
Risquer sa vie sur la mer
Il se passe quelque chose, là...
D'abord, parce que les règles de propriété intellectuelle américaines, qui sont très influentes, ne l'exigent pas. Il suffit qu'il y a une innovation, point. Elle n'a pas vraiment besoin de passer un test strict de valeur ajoutée cliniquement pertinente, ou substantielle. Cela ouvre la possibilité pour les fabricants de médicaments de prolonger la protection d'un médicament bien au-delà du brevet initial, ce qui est très lucratif pour eux mais limite l'accès à ce médicament pour beaucoup de patients vivant dans des pays pauvres.
Ensuite, parce que l'Inde est le fournisseur en médicaments génériques du monde en développement. MSF rapporte que 80% des médicaments employés dans leurs programmes HIV proviennent d'Inde. Fermer ce robinet, non cela n'aurait pas du tout été banal.
Finalement, cette décision de la Cour suprême indienne pourrait être influente. Que se passerait-il si d'autres pays adoptait des jurisprudences similaires? Novartis, bien sûr, argumente que c'est un coup porté à l'innovation. Mais une analyse publiée cette semaine dans le New England Journal of Medicine décrit en fait le contraire. Le lien est derrière l'extrait:
"Les protections interprétées dans le cas Novartis, si elles étaient adoptée largement dans le monde en développement, pourraient encourager les entreprises à dépenser des ressources sur les innovations de type percées plutôt que sur les modifications mineures et les frais d'avocats. Mais quelles que soient ses implications pour l'innovation, un enjeu est clair: les pauvres du monde ont besoin d'un meilleur accès à des médicaments abordables, et cette décision va les aider à l'obtenir".
Subversif, je vous le disais...
Un doctorat ça suffit pas...
Étudier, ce n'est pas seulement apprendre des choses. C'est aussi se forger la réflexion. Et parfois le caractère. Sauf que parfois, ça ne suffit pas. Et parfois, en toute justice, les circonstances rendent d'emblée le projet plus difficile que d'autres. Un exemple cette semaine: la thèse de doctorat de Saif al-Islam Muammar al-Gaddafi.
Une lecture en marge des événements du Moyen-Orient très différente de la dernière, ça. Et ici on ne sait pas s'il faut rire ou pleurer. Saif, c'est celui qui alterne depuis une semaine avec son père sur nos petits écrans, et promet la mort aux opposants du régime. Mais Saif, c'est aussi l'auteur d'une thèse de doctorat en philosophie de la London School of Economics datée de 2008 et intitulée "Le rôle de la société civile dans la démocratisation des institutions de gouvernance internationale".
Extrait (p 236, mes emphases, ma traduction, et mes excuses posthumes à Rawls qu'il cite largement et que ma traduction rapide écorche par endroits):
"Par contraste, une société injuste ou 'hors-la-loi' est reconnue au fait qu'elle 'refuse de reconnaître une loi raisonnable des peuples...[et] affirme des doctrines totalitaires qui ne reconnaissent pas de limites géographiques à l'autorité légitime de leurs...institutions religieuses ou de leurs positions philosophiques'. Des exemples seraient des sociétés qui seraient agressives envers d'autres sociétés ou qui violeraient les droits humains fondamentaux de ceux qui en feraient partie. Dans ce cas, Rawls accorde qu'une intervention peut être légitime: 'Les peuples ordonnés peuvent exercer une pression sur les régimes hors-la-loi pour les induire à changer leurs pratiques; mais seule, cette pression a peu de chances d'aboutir. Elle doit être soutenue par un refus résolu de toute aide militaire, et de toute assistance qu'elle soit économique ou autre; les états hors-la-loi ne doivent pas non plus être admis par les peuples ordonnés comme membres respectables de leurs pratiques de coopération fondées sur le bénéfice mutuel'. (...)
En rejetant l'idée que les états hors-la-loi devraient être autorisés à poursuivre sans être arrêtés, cette thèse est en accord avec Rawls."
Évidemment, le contraste avec ses positions actuelles est saisissant. Ce n'est pas drôle, bien sûr. Et oui, on peut comprendre que ses anciens professeurs aient misé sur l'occasion d'introduire un peu de raison en Libye, même si c'est évidemment très gênant pour eux que cela ait si mal marché. Et gênant aussi qu'il y ait aussi une histoire de sous, qu'ils ont entre temps rendus. Et certes, les étudiants qui ont manifesté pour que leur université coupe les liens avec le régime libyen ont bien fait. Et ok, il y a aussi des accusations de plagiat, pour le moment (à ma connaissance) non confirmées par la LSE.
Non, ce n'est pas drôle. Mais franchement, un fils Kadhafi défendant l'idée qu'un état hors-la-loi devrait être stoppé par la communauté internationale? Il ne croyait pas si bien dire...
Dons pour les réfugiés de Libye
Pas de long texte, juste quelques adresses. Car aux frontières de la Libye c'est peu à peu une catastrophe humanitaire qui monte. Les régions frontalières, notamment, en Tunisie, font face comme elles peuvent et avec une générosité admirable, mais ce genre de situation est susceptible de vite dépasser les moyens régionaux.
Vos dons sont les bienvenus auprès des organisations suivantes:
- Islamic Relief (merci @TamiH68)
- MSF n'a pas (encore?) d'appel à contributions sur son site mais ils sont présents sur le terrain et pourraient aussi avoir besoin d'aide.
Vos favoris de 2010
Ouf, de vraies vacances après le soulagement de la fin de la grève de la faim de Bernard Rappaz.
Et ce n'est pas chaque année qui débute par une éclipse! Du coup je me permets de vous mettre en intro cette magnifique photo de celle de mardi prise par Thierry Legault, avec... en petit en haut à gauche...non mais vous avez vu?... la Station Spatiale Internationale!...Impressionnant.
Mais là, c'est de nouveau le moment de vous faire un best of! Comme l'an dernier, je me base sur la fréquence de vos visites pour vous en faire la liste.
Voici donc, dans l'ordre inverse comme il se doit, les 10 pages les plus lues de 2010:
10- Les émotions qu'on ignore
9- La réforme du système de santé américain
8- Une éthique basée sur la science ?
7- Encore la nutrition forcée
6- Cas à commenter: un boxeur
5- Solidarité avec les catholiques
4- Rappaz: la quatrième solution?
3- Euthanasie ?
2- Soigner le choléra
Et là vraiment vous êtes chou, car l'article le plus lu de 2010 a été:
1- Dons pour Haïti
Celles-là, c'est les plus lues écrites en 2010. Mais parmi celles qui ont été écrites avant, quatre restent dans le top ten des visites. Fugace, la blogosphère? En tout cas les voilà:
4- On reparle d'avortement
3- Le choléra comme symptôme
2- Don d'organes: la Suisse mauvaise élève
1- Diagnostic préimplantatoire
Bonne (re)lecture! Et bonne année 2011 à tous.
Soigner le choléra
Normalement je ne fais pas de message strictement médical sur ce blog.
Mais une fois n'est pas coutume. Car en regardant les mots clés qui mènent des gens ici, je suis régulièrement touchée par ceux qui cherchent comment soigner le choléra. Tomber ici lorsqu'on cherche des réponses cliniques, ça doit être décevant. Si vous cherchez comment traiter le choléra, donc, ce message est écrit exprès pour vous. J'avais mis un lien vers la recette des sels de réhydratation dans un message précédent, mais là une équipe a fait une vidéo. Elle montre, sans paroles donc sans barrière linguistique, comment sauver une vie avec, finalement, les moyens du bords. Attention, on y montre aussi comment reconnaitre le choléra, et certaines images sont donc...ahem...cliniques. Peut-être difficiles à voir. Si le sujet ne vous intéresse pas, ne la regardez pas. Ce blog est toujours un blog de bioéthique, rassurez-vous, ce message est une parenthèse.
Mais là, alors que le choléra continue de sévir en Haïti, plus cette vidéo est disponible mieux c'est...
Intelligente générosité
La générosité humaine, on la constate à nouveau chaque fois qu'une catastrophe frappe. On l'approuve. On regrette qu'elle ne soit pas plus chronique. Mais c'est quoi, au juste, ce qui rend la générosité bonne? On a parfois l'impression que c'est une bonne chose par définition, ou alors que c'est bon car cela signale un bon caractère. Mais au fond du fond, ce qui nous importe est que la générosité améliore le monde, en apportant une aide réelle.
Sauf que...quand est-ce le cas? Dans la conférence qui ouvre ce billet (cliquez sur l'image), Esther Duflo dissèque la différence entre avoir de bonnes intentions et améliorer le monde, en proposant...des études randomisées de projets sociaux. Ça existe depuis quelques temps déjà, et c'est encourageant de voir cette démarche avancer. Allez voir: c'est intéressant comme tout.
Dons pour Haiti
Je ne vais pas vous faire de texte aujourd'hui, juste vous donner quelques liens où vous pouvez faire des dons pour aider les victimes du tremblement de terre d'Haiti.
Aide d'urgence:
La Croix Rouge internationale, ou celle de votre pays (Suisse) (France) (Belgique) (Canada)
Médecins du Monde
Médecins Sans Frontières
La Chaîne du Bonheur
Le programme contre la faim de l'ONU est aussi sur place
Sur place également, l'association Yele.
De très nombreuses autres associations se mobilisent. Un nombre croissant, comme AVAAZ.org, mettent en avant des partenariats locaux leur permettant d'apporter une aide plus directe. Une liste d'organisations est également disponible sur google ainsi que sur facebook et sur le site du Washington Post (les deux derniers sont en anglais).
Malheureusement, la détresse n'est pas nouvelle en Haïti. Même en temps 'normal', c'est un des pays les plus pauvres du monde (certains de ses démunis doivent se nourrir de terre glaise). Il a bénéficié récemment d'une remise de dette internationale. Malheureusement, c'est simultanément un des pays les plus corrompus. On oublie parfois aussi qu'il a payé son indépendance à la France en 1825...150 millions de francs or pour 'dédommager les anciens colons'. Cette 'dette', intégralement payée jusqu'en 1883, équivaudrait 200 ans plus tard aux revenus totaux du pays durant 6 ans.
Bref, les besoins ne vont pas s'arrêter une fois la première urgence passée. Pour plus tard, donc:
A nouveau l'association Yele
Partners in Health
Haitian Health Foundation
SOS Haïti
Il y en a certainement d'autres. Indiquez-les dans les commentaires! Ou encore mieux: allez les ajouter ici.
Ce lien vers Kiva en bas à droite
Vous avez été voir les liens indiqués en bas à droite sous 'pour agir'? Non? Si vous ne lisez pas le blog de ma petite soeur musicienne, c'est possible que vous n'ayez pas encore vu le site de Kiva: micro-crédit 2.0. Vous êtes en train de manquer une expérience fascinante. Mais voilà, je l'ai maintenant mis dans un message, et vous n'avez donc plus d'excuse. En plus, je suis a peu près sûre que ça va vous plaire. Car ce n'est rien moins qu'un portail qui vous permettra de participer, pour 25$ qu'on vous rendra à la fin, à une des plus belles aventures humaines d'internet.
Qui n'a pas entendu parler de la Grameen Bank. Fondée par Muhammad Yunus en 1976, lauréate du Prix Nobel de la paix en 2006, cette 'banque des pauvres' prête des 'micro-crédits' à des personnes qui ont besoin d'un coup de pouce pour sortir de la pauvreté, mais qui n'ont pas mais alors pas du tout un profil permettant d'obtenir un crédit dans une banque 'normale'. Et il se trouve que ça marche. Une fois qu'on leur prête de l'argent dans de bonnes conditions, la plupart de ces personnes parviennent à améliorer leur situation, à rendre l'argent, et souvent à faire profiter tout leur entourage de leur nouvelle situation.
Kiva, c'est ce qui va vous permettre de devenir, depuis votre salon, un banquier des pauvres. Des partenaires du terrain basés dans le monde entier rendent visite aux candidats et les sélectionnent sur le réalisme de leur projet. Une association basée en Grande-Bretagne centralise les recommandations, et les poste sur un site web, avec l'histoire de l'entrepreneur qui demande un prêt et sa photo. Ensuite, c'est à vous de jouer. Vous prêtez, à partir de 25$, la somme que vous voulez à qui vous voulez. Est-ce que c'est risqué? Très peu. Vous ne toucherez pas d'intérêt, mais le taux de défaut de paiement est de 1.54% en moyenne. En prime, on vous donnera des nouvelles des personnes auxquelles vous aurez prêté de l'argent. C'est un magnifique exemple de la manière dont la technologie peut, aussi, servir à encourager et soutenir la coopération humaine.
En parlant de coopération, pour les personnes à l'esprit compétitif il y a même des équipes de prêt. Vous pouvez vous joindre à ceux que vous voulez pour faire grimper la somme prêtée en commun. L'équipe qui est actuellement en tête compte 5792 membres et a déjà prêté $953'750.00. Joli. C'est l'équipe des personnes sans religion. Ca aussi, c'est joli. Un bel exemple du fait que point n'est-il nécessaire d'avoir de la foi pour être généreux. Ou bon. Mais ça, Platon le savait déjà. D'autres équipes pouvant vous intéresser? La liste complète est ici, mais certains d'entre vous sont certainement (dans l'ordre décroissant des prêt pour le moment): sans religion, chrétiens, fans d'Obama, Européens, Australiens peut-être (Yael?), Belges, homosexuels (Philippe?), Français, Québecois (loin devant les Canadiens pour la plus grande fierté des francophones n'est-ce pas Martyne, et Frédéric?), Japonais (un peu, n'est-ce pas Jean-Michel?), il y a même une équipe de Suisse et (ça ne s'invente pas) une équipe de blogueurs.
Kiva, c'est une de ces organisations qui s'inscrivent dans l'émergence d'une autre forme d'expertise: savoir aider, savoir donner juste, voilà une chose que l'on est prêts à cibler et juger, avec discernement. Suffit, l'époque où l'on se contentait de 'donner pour la bonne cause' sans se soucier des compétences à aider de l'institution bénéficiaire. C'est aussi un bel exemple de la proximité que permet le virtuel. Du fait que connaître l'histoire de quelqu'un nous motive. Que 'se voir de plus près' c'est parfois juste ce qui nous manquait pour faire des choses bien, plus facilement.
Mais je vous fais perdre du temps. Allez plutôt voir vous-même.
Colloque - Médecine humanitaire et droits humains
Comme ce blog est lu par des personnes qui peuvent être intéressées, et que certaines (certaines!) ne vivent pas trop loin, je vous annonce les colloques de l'Institut d'éthique biomédicale où je travaille. Le prochain aura lieu le lundi 15 juin, et il sera question de droits humains, et du rôle de la médecine légale dans leur défense.
Un domaine dont on aimerait que la nécessité diminue, mais dont l'importance augmente plutôt car il est d'une triste actualité.
Ce colloque offrira un exemple d'activités et de recherche dans ce domaine. Il aura lieu le lundi 15 juin 2009, de 12h30 à 13h45. C'est aux Hôpitaux Universitaires de Genève, c'est-à-dire ici (sauf que la rue s'appelle depuis peu autrement, mais vous trouverez). Montez au 6e étage, c'est la salle 6-758 (6ème étage Bât. Principal – Médecine Interne - Bibliothèque).
L'oratrice sera:
Bernice Elger (Professeure adjointe au Centre Universitaire Romand de Médecine Légale)
Elle donnera une conférence intitulée:
En cas de torture, d’exécution arbitraire ou d’autres violations du droit humanitaire et des droits humains, l’investigation des faits est importante afin d’assurer la prévention d’autres violations. Cette présentation explore le rôle de la médecine légale universitaire dans cette tâche, en discutant du rôle du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale dans l’action humanitaire, à travers un projet de collaboration avec le CICR et l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève.
Cette conférence est ouverte à toute personne intéressée. Vous en êtes? Alors à tout bientôt!
Le choléra comme symptôme
Depuis la découverte de la solution de sels de réhydratation orale, on sait qu'il suffit pour soigner le choléra d'avoir beaucoup, beaucoup d'eau propre, du sel, du sucre, si possible un filet de jus d'un fruit, et de la patience (la méthode est ici). Ce traitement au coût presque nul, inventé en 1971 par un médecin indien, sauve chaque année plusieurs millions de vies. Depuis près de 40 ans, on peut dire que chaque mort du choléra meurt d'un manque de logistique, de l'absence d'eau propre (qu'il suffit pourtant souvent de bouillir ou de traiter par le soleil), de l'impossibilité de communiquer une information simple mais cruciale, ou de solitude.
C'est ce qui rend les épidémies, comme celle qui sévit actuellement au Zimbabwe, particulièrement scandaleuses. En plus des milliers de morts, elles signent une situation où l'aide la plus basique n'est plus possible avec les moyens locaux; où les infrastructures s'étiolent; où le tissu social se porte mal. Le choléra est un drame, oui, mais il est aussi un symptôme de quelque chose de plus profondément disjoncté.
Les dons sont urgents. Plusieurs ONG les récoltent. Entre autres, Médecins Sans Frontières Canada, l'UNICEF Suisse, la Croix Rouge Française, et il y en a d'autres.
Mais gardez en tête qu'après avoir soigné le symptôme, il faudra encore soigner 'la maladie' elle-même. Reconstruire une société ne peut bien sûr se faire que de l'intérieur. Mais on peut construire plus humblement...des toilettes. A l'heure qu'il est, 2.6 milliards de personnes n'y ont pas accès. Alors bien sûr, creuser des latrines ce n'est pas très prestigieux comme progrès médical: ça peut sembler trivial et si peu technologique. Mais la prochaine fois que vous vous demanderez comment faire un don qui en donne pour votre argent, songez aux actions des travailleurs de l'eau. Ceux qui creusent des toilettes, des puits, ou encore apportent des moyens de désinfection simples et surs lorsque la seule eau disponible ne peut pas être bue telle quelle. On ne parle pas beaucoup d'eux dans les nouvelles scientifiques, mais ils apportent pourtant une santé plus durable qu'une nouvelle technique chirurgicale, village après village...
